Visite de la mine  
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Travaux réalisés en 22 ans (1/12) : de 1990 à 2011 (plus de 23.000 heures de bénévolat)

Années 1990 à 1995

Le premier coup de pioche officiel (abstraction faite du creusement du puits d'accès ) fut donné fin août 1990. Nous avions décidé de passer sous l'éboulement à l'aide d'une technique minière trouvée dans un vieux mémento de mineurs. En effet, il nous fut impossible avec nos moyens, de dégager la totalité des éboulis bouchant la tranchée d'accès à la galerie. Pour résumer, cette technique consiste à boiser au fur et à mesure du creusement sous l'éboulement, mais sans jamais utiliser de clous afin de permettre le changement de n'importe quelle pièce en bois en cas de pourrissement(voir le schéma explicatif).

Le début des travaux
Photo : Bernard Mary ©
Le début des travaux
Photo : Bernard Mary ©
Mise en place des premiers mètres de boisage dans la tranchée faite par la pelle mécanique
Le début des travaux
Photo : Bernard Mary ©
Creusement de la galerie d'accès sous l'éboulement.
Le début des travaux
Photo : Bernard Mary ©
Le boisage de la galerie a nécessité une année de travail à raison d'un jour par semaine (le samedi-été comme hiver).
A l'aide de cette technique nous avons boisé 13 mètres de galerie, mais pour réaliser ces 13 mètres de galerie nous avons dû couper, débarder, éplucher et préparer plus de 700 mètres de perches de sapin ( diamètre 12 à 15 cm ) Le boisage de l'entrée de galerie nous a pris une année complète à raison d'un jour de travail par semaine, le samedi en principe, mais été comme hiver.

Arrivé dans la galerie, la seconde étape de nos travaux fût de déblayer, des centaines voire des milliers de brouettes de terre et de roches pour rendre son aspect d'origine à une centaine de mètres de galerie. Cette terre et ces roches provenaient :
  • des puits d'aération qui se sont comblés avec les années et qui ont aussi plus ou moins bouchés les galeries
  • des parties de galerie où la roche avait été fragilisée par les explosifs.
Le travail devenant vraiment trop dur, nous avons décidé d'installer des rails et d'utiliser des wagonnets. L'installation des rails a pris encore une année de travail, une longue année de galère, en raison d'une différence de 50 à 60 cm de hauteur entre le niveau de la dernière exploitation et celui d'origine (XVIème siècle). En effet, il nous fut impossible de creuser pour poser les traverses des rails car cette couche étant susceptible de renfermer encore les voies de roulage du XVIème siècle, il était indispensable de la préserver en vue d'une étude ultérieure. De ce fait nous avons suspendu les traverses aux parements de la galerie.
Sacré boulot, mais nous l'avons fait et le 23 août 1993 nous sommes arrivés avec les rails dans une petite salle à l'intersection de 2 galeries.
La pose de 150 mètres de rails entre la jetée de la halde et la petite salle citée plus haut, nous a obligé à inventer et fabriquer des engins pour courber les rails. Un travail beaucoup plus difficile qu'il n'y parait. Le déblaiement avec les wagonnets a donc pu commencer et il dure toujours.

Les fortes pluies de décembre 1993 nous ont causé un supplément de travail, non prévu à notre programme. En effet le 1er janvier 1994, un membre de notre club, en visite sur le chantier, trouva la mine inondée au point que l'eau s'écoulait par l'entrée. Le samedi 8 janvier nous avons installé une pompe en vue d'un pompage en continu. L'examen complet de la mine entraîna également une autre surprise : le 1er puits d'aération (voir le plan de la mine) s'était éboulé dans la galerie. En effet un boisage rudimentaire nous avait permis de dégager la galerie à l'aplomb du puits, mais la terre devenue liquide sous l'effet de la pluie s'était écoulée dans la galerie, à travers le boisage. Un gros bouchon de terre obstruait pratiquement toute la galerie et la seule solution qui s'imposa fut de dégager le tout et de boiser le puits.

Ce fût un gros travail, un très gros travail pour lequel nous n'avions pratiquement aucune expérience. Nous avons donc installé une trémie au bas du puits, et au fur et à mesure que nous soutirions par le bas nous mettions en place un boisage dans le cône d'éboulement en surface car les 4 premiers mètres du puits n'étaient pas creusés dans la roche.

Tout cela s'écrit facilement aujourd'hui mais la réalisation fût difficile. Plus de 6 mois de travail ont été nécessaires, 120 wagonnets ont été évacués (de la terre, des roches, des rouleaux de fils de fer barbelés et des os d'animaux - souvenirs, certainement, de la guerre de 14/18- une vingtaine de traverses SNCF, des planches en grosse quantité, des vis et des clous par kilos). Le puits fait 11 mètres de hauteur, il est de section rectangulaire et date du XVIème siècle.

A titre anecdotique, le dimanche 19 juin 1994 nous avons eu notre premier accident; un wagonnet chargé a passé sur le bout de la queue de notre chien mascotte Grenda qui dormait à côté des rails.

Fin 1994 et 1995 les travaux habituels reprirent, des travaux de routine en somme, mais toujours aussi passionnants, intenses et enrichissants :
  • Mise en place d'un aiguillage complètement opérationnel (juillet 94) afin de pouvoir déblayer à 2 endroits différents au cas ou il y aurait une grosse affluence de main d'oeuvre !!!
  • Prolongement des rails vers le 1er dépilage, un double virage réalisé de façon superbe
  • Début du déblaiement dans le 1er dépilage. (le petit dépilage)
  • Début aussi du brochage des endroits fragiles de la galerie.
Le brochage est une technique minière moderne qui remplace le boisage. Le boisage en raison de l'étroitesse de la galerie n'est pas toujours réalisable. De plus, en milieu humide, la durée de vie du bois est très limitée; c'est pour ces 2 raisons que nous avons réalisé des brochages à certains endroits de la galerie. Le brochage consiste à forer des trous (de diamètre 32mm et de 80cm à 2m de profondeur) avec un perforateur à air comprimé puis à mettre en place une broche, sorte de grosse vis avec une grosse cheville (l'ensemble coûte environ 40F pièce). Les broches sont reliées entre elles par des lames métalliques, l'ensemble assure la stabilité de la roche.

Années 1996 à 1999
Le 6 janvier 1996 nous avons commencé le brochage dans le premier dépilage. Nous avions prévu de brocher la totalité de la première partie du 1er dépilage (le petit dépilage) car la roche était très friable. Les premières journées de brochage se sont assez bien passées , mais par la suite nous sommes arrivés dans une zone où la roche qui était très humide - presque pâteuse -, a rendu inapte notre perforateur à air comprimé. il allait falloir acheter un perforateur à air comprimé et à eau. Etant en panne de perforateur, nous avons continué de poser des rails et commencé aussi à déblayer le premier dépilage, la galerie vers les grands dépilages et même le début des grands dépilages. C'est ainsi qu'en février 96 en dégageant au niveau du premier dépilage, nous avons découvert un puits descendant, bien sûr entièrement comblé. Une grande partie de l'année 1996 fût consacrée, au brochage du début du petit dépilage, à la pose de rails jusqu'au grand dépilage, et à l'entretien du boisage à l'entrée de la mine.

En novembre 1996 (période sèche) nous avons commencé à décombrer le puits découvert en début d'année. Le puits, creusé dans le filon en suivant le pentage de celui-ci, avait certainement été remblayé par les mineurs qui, lorsqu'ils jugeaient le minerai insuffisamment riche, s'en servaient pour combler les puits ou dépilages abandonnés. En effet, nous avons trouvé dans le puits de nombreux blocs de gangue filonienne (quartz et barytine) ainsi que quelques restes de poutres. Ayant découvert les encoches des anciens boisages, nous les avons immédiatement réutilisées pour mettre en place un nouveau boisage. Cette opération fut nécessaire pour des raisons de sécurité car la roche "s'écaillait" très facilement sur un des côté du puits. L'observation des différentes encoches des anciens boisages permet d'affirmer que le puits était divisé en 2 parties : une partie réservée aux déplacements des mineurs et l'autre à la remontée du minerai.

Mise en place de lames métalliques reliant les différents boulons d'ancrage
Photo : Bernard Mary ©
Forage d'un trou pour la mise en place de boulons d'ancrage
Photo : Bernard Mary ©
Les "nouveaux mineurs" au travail
Photo : Bernard Mary ©
Le puits creusé en 1900 par la société allemande Brigitta (65 m de profondeur)
Photo : Bernard Mary ©
En 1998 un plongeur professionnel essaye de descendre ce puits.
Avant la descente dans le puits noyé
Photo : Bernard Mary ©
Vers la fin de l'année 1996, nous avons trouvé et acheté un perforateur à eau et air comprimé (une bonne occasion). Après de nombreux réglages (pression d'eau et d'air, mise en place d'un huileur plus grand etc...), nous avons repris le brochage au début du petit dépilage. Nous avons du forer des trous de 2 mètres de profondeur afin de trouver une roche saine et permettre aux broches de bien s'ancrer. Le travail fût très dur : bruit, eau, poids du perforateur, mais il avançait régulièrement jusqu'à un samedi d'avril 1997 ou le compresseur rendit l'âme et ou nous avons dû arrêter, une nouvelle fois, le brochage dans cette zone.
Malgré ce contre temps, le travail n'a jamais manqué à la mine Saint Nicolas.
Nous avons dès lors décidé de reprendre le décombrement du puits à l'entrée du petit dépilage. Pour ce faire, nous avons installé une pompe dans le puits afin de maintenir le niveau de l'eau aussi bas que possible.
Les déblais ont été évacués avec un seau métallique, remonté avec une corde et vidé ensuite dans un wagonnet. De cette façon nous avons réussit à dégager le puits sur 5 mètres (20 wagonnets) tout en le boisant au fur et mesure pour des raisons de sécurité.

En milieu d'année 1997, de graves menaces pesèrent sur le chantier et la mine Saint Nicolas faillit une nouvelle fois retomber dans l'oubli à cause de quelques extrémistes qui demandèrent l'arrêt du chantier. Grâce à la diplomatie et l'acharnement de Mr le maire de Steinbach, l'administration permit la poursuite des travaux. Ces péripéties arrêtèrent néanmoins le chantier pendant un peu plus de 3 mois, 3 mois de doutes et de discussions. Après la journée " portes ouvertes " d'octobre 97 et l'arrivée de l'autorisation, le chantier put reprendre. La journée "portes ouvertes" est un évènement toujours très apprécié par les nombreux visiteurs. En cette année 97 où nous n'avions pas vraiment le moral, ils nous ont continuellement encouragé à continuer, ayant parfaitement compris le sens de notre démarche de sauvegarde.
Début novembre 97, les travaux reprirent et notre moral revint aussi. Dès lors nous décidâmes de déblayer entièrement le petit dépilage. Dans ce dernier la hauteur des éboulis atteignait par endroit plus de 5 mètres. Tout fut dégagé à la brouette. Chaque brouette était vidée dans un wagonnet. Il nous a fallu sortir plus de 150 wagonnets (7 à huit brouettes pour un wagonnet) pour qu'en avril 98, le dépilage retrouve à peu près son aspect original. Les anciennes encoches des boisages ayant aussi été retrouvées nous avons également mis en place, toujours au nom de la sécurité, un nouveau boisage.

En octobre 1998, après nos congés et la journée "Portes Ouvertes" de septembre, nous nous sommes lancés dans un nouveau gros chantier : la réfection complète de l'entrée de la mine.
En effet, dans notre projet de remise en état de la mine Saint Nicolas, notre association avait opté pour un boisage à l'ancienne de l'entrée de la galerie. Nous voulions démontrer que certaines techniques minières anciennes étaient toujours applicables. Mais nous savions aussi qu'un tel boisage aurait une durée de vie limitée. ( 6 à 8 ans selon nos renseignements ). Cela fait maintenant depuis 1997 que nous sommes amenés à effectuer des réparations à ce boisage.
De nombreuses solutions ont été étudiées et ont fait bien sûr l'objet de discussions animées, mais en fin de compte nous avons opté pour la mise en place de cadres en glissière de sécurité et de cadres en traverses SNCF. Ces cadres ont été plaqués sur l'ancien boisage pour perdre le moins de largeur possible.( voir les schémas ci-joints ) A la fin des travaux nous sommes rendu compte que la galerie n'avait perdue en rien de sa largeur.
Les travaux débutèrent donc le 24 octobre 1998 et se terminèrent le 22 mai 1999 représentant près de 500 heures de travail bénévole. ( 497 heures très exactement ) Il aura fallu mettre en place 37 cadres métalliques ( en glissières de sécurité ) et 14 cadres en traverses SNCF.

Technique de mise en place des cadres.
Pour la mise en oeuvre de notre système nous avons du enlever les rails sur la longueur du boisage (ce qui nous a empêcher de faire tout travaux de déblaiement durant cette période ), puis nous avons procédé de la façon suivante :
  1. Mise en place, au sol, de traverses SNCF destinées à soutenir les cadres en glissière de sécurité. Ces nouvelles traverses SNCF ont été posées entre les traverses SNCF existantes qui soutiennent les cadres en bois de notre premier boisage (voir schéma joint
    ). Les cadres en bois étant distants les uns des autres de 1 mètre, nous avons pu poser 3 traverses SNCF entre chaque traverse existante,
  2. Mise en place d'une fraction de glissière de sécurité au toit de la galerie ( de la largeur de celle-ci et soutenu provisoirement par 2 étais ),
  3. Mise en place des 2 montants verticaux en glissière de sécurité ( de la Hauteur de la galerie, qui reposent sur la traverse SNCF et qui viennent s'ajuster sous la glissière du toit ),
  4. Soudure des 3 parties de glissière. Cet ensemble représente un cadre métallique.
Tous les 3èmes cadres en glissière de sécurité, un cadre en traverse SNCF a été plaqué sur le cadre métallique pour renforcer l'ensemble (voir schéma joint
).
Les vieux cadres en bois (rondins) ont été enlevés au fur et à mesure de la mise en place des cadres métalliques, mais en plaçant quand même des étais par mesure de sécurité.
Nous avions aussi prévu un habillage en bois traité sur les cadres métalliques qui a été réalisé durant le premier trimestre 2000 grâce à une subvention du Conseil Général du Haut-Rhin )
Le 29 mai 1999, nous avons entrepris les mêmes travaux dans le premier puits d'aération. Ce puits a été décombré durant le premier semestre 1994. Il fût boisé par nos soins dans sa partie supérieure, 4 mètres environ sur les 11 mètres au total. Le reste du puits, taillé dans la roche, ne nécessita aucun boisage.
La méthode a consisté, comme pour l'entrée de la galerie, à mettre des glissières de sécurité sur l'ancien boisage. Ces glissières ont été posées verticalement sur un socle en béton armé au début de la roche. Le coffrage de ce socle fut mis en place durant le mois juin. La position était acrobatique du fait que nous nous avons travaillé sur plate forme suspendue à 7 mètres au-dessus du sol de la galerie. Début juillet le béton fut coulé et après séchage , nous avons installé les glissières de sécurité renforcées à l'intérieur par des cadre métalliques afin d'éviter un écrasement. Fin du mois de juillet ce puits d'aération retrouva une peau neuve après quelques ultimes travaux de remblaiement à l'extérieur.
Les journées "Portes Ouvertes" du 16 et 17 octobre ont drainé comme à l'habitude un nombre impressionnant de visiteurs ( pointage sommaire = 500 visiteurs ) ainsi qu'une centaine d'élus et d'officiels venus le samedi après midi. Le futur parc minier de Steinbach est donc sur la bonne voie.
Le succès des Portes Ouvertes nous a donné du coeur à l'ouvrage, et toujours après moult discussions, nous avons décidé de nous lancer dans une autre aventure : déblayer le deuxième puits d'aération montant et qui correspond au grand cône d'éboulement bien visible dans la forêt. Ce puits donnera accès à toute une zone inconnue. A ce niveau se situe le "Hornstatt" ou tête du puits descendant, le plus important, car il comportait le système de pompage hydraulique mis en place en 1695. Ces pompes en bois étaient montées en cascade sur toute la hauteur du puits, soit 100.5 mètres. Beaucoup de choses restent donc à découvrir et un chapitre très exaltant de notre aventure steinbachoise est encore à écrire
Le 27 novembre 1999, nous avons rallongé les rails à partir de l'aiguillage en direction du 2ème puits d'aération. Un beau virage et quelques mètres de rails sont en place à la mi-décembre.
La tempête du siècle ( 26 décembre 1999) nous a causé quelques soucis : panne d'électricité et quelques arbres déracinés.


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